Biographie
Née au Lac-Saint-Jean, sous le symbole du bleuet, Alexandra Tremblay a grandi éloignée des grands centres culturels à une époque où le Web ne faisait pas partie intégrante du quotidien des jeunes. Autodidacte passionnée, elle s’est formée en s’abreuvant de toutes les informations accessibles pour l’époque, les années 1980, où tout était saturé de couleurs vives. Cette décennie vibrante a assurément teinté son style bien à elle. De plus, son admiration pour les peintres impressionnistes a bercé son adolescence. À travers les livres, les biographies et les documentaires, elle s'imprégnait de leurs idées, de leur passion. Plus les années avançaient, plus son style s’affirmait. Elle est passée du portrait noir et blanc réaliste aux tableaux colorés de fleurs empâtées d’huile à la spatule sur cadre de bois vintage.
Jeune adulte, Alexandra Tremblay a cherché à étancher sa soif de création en suivant une formation de graphisme. Cette expérience l’a amenée à occuper un poste de directrice artistique dans une agence de publicité montréalaise pendant une dizaine d'années. Malgré tout, son désir de créer en utilisant la texture et la matière n’était pas assouvi. Elle a comblé ce besoin en pratiquant la peinture en s’inspirant de sa famille, de ses voyages, de ses visites dans les musées et les expositions.
Une période hivernale a mis sa pratique en veille quelque temps. Heureusement, le printemps est arrivé, libérant ainsi son effervescence mentale et émotionnelle. Quelques années après avoir embrassé la maternité, le temps était enfin venu de se remettre au chevalet.
Motivée par son entourage à exposer son travail, elle s’est ouverte au public. Depuis 2022, elle participe activement à plusieurs expositions collectives. Sa présence active sur les réseaux sociaux lui a permis d’ouvrir son marché partout au Canada et aux État-Unis.
Démarche artistique
Je refuse d’obtempérer au rectangle gris, plat et lisse de la modernité grisaillante. Le rectangle, je veux le raboter, l’éclabousser. Sentir qu’il est froid ou chaud, contrer la tiédeur. Le garnir de fioriture, le voir se créer une patine. Je veux donner un rythme à la triste ligne droite du cardiogramme des cadres imposés. Je cherche à donner une pause à l’essoufflement anesthésiant de la routine du public qui contemple.
Le vide ne sert qu’à une chose : être rempli, étoffé de frivolité, d’objets d’un passé porteur d’histoires ou de nouveautés chouchoutées par la couleur et l’intensité. Je veux rendre grâce à la création, au grand maître de l’art. Là où tout est brute, mais pourtant si doux, où tout est courbé, bigarré et texturé, mais pourtant si harmonieux. J’ai la nostalgie d’un style, d’une époque et d’un paysage qui ne sont pas les miens, le hausmannien, le baroque, le rococo, le provençal… où chaque objet n’avait pas pour unique but d’être utilitaire et productif, mais d’enjoliver la tâche, de romantiser le quotidien et de perdurer dans le temps.
Oui, je vois la vie en rose, je rêve en couleur ! Pourquoi reculer vers un noir et blanc contre lequel le progrès a lutté ? Confronter les couleurs les unes aux autres et voir naître de délicieuses unions, puis les marier aux textures pour vibrer.
Je récupère des cadres anciens laissés de coté assombris par les années comme terre d’accueil de mes couleurs. Avec mon style artistique je leur donne un souffle nouveau, une nouvelle vie, de l'éclat. J'ai toujours aimé leur fioriture et je trouvais dommage qu'ils soient laissés aux oubliettes. Mes créations ont ainsi une double identité, oeuvre et antiquité.
Mes souvenirs chapeautent assurément ma démarche. Celui d’une entrée au chalet familial couronné d’un arche de Iilas parfumés aux abord du lac Saint-Jean, de luminaires rétro multicolores scintillant sur les murs de la maison de mes grands-parents, d’accoutrements fluo de mon enfance et de livres de peintres impressionnistes fièrement acquis pendant ma jeune adolescence. Ma collection de voyages dans les vieux pays. Mon présent, là où je vis, où fourmille la vie sous le grand cèdre, tout cela nourrit ma créativité.
Ma démarche se veut simple : imaginer, s’émerveiller, se faire du bien et le partager. Je propose le beau, le vivant tout simplement.